Please use this identifier to cite or link to this item: http://hdl.handle.net/20.500.12458/263
Title: Langues et territoire dans l'archipel des Philippines
Authors: Thery Claude Elle Beord 
Issue Date: 2018
Journal: Glottopol: Revue de sociolinguistique en ligne 
Abstract: Université Sorbonne-Nouvelle, ED 268 DILTEC EA 2288 L'archipel : enjeux épistémologiques d'un concept géographique Alors que l'Asie du Sud-Est a été façonnée par la rencontre et la superposition des civilisations chinoises, indiennes, et parfois musulmanes sur divers socles autochtones, l'archipel philippin, en raison de sa position périphérique aux confins de l'Océanie, n'a été gagné que de façon parcellaire par ces influences extérieures. Inscrit dans un espace régional façonné par des échanges maritimes multimillénaires, l'archipel n'a été touché par elles qu'à la marge. Malgré des contacts avérés dont les langues philippines gardent des traces 1 , ni la thalassocratie malaise à Srivijaya (ca 7 ème-14 ème siècles) ou javanaise à Majapahit (ca 13 ième-15 ième siècles), ni les sultanats de Malacca et de Brunei (ca 15 ième et 16 ième siècle) n'ont permis de l'unifier. La notion même de centre n'existait pas avant que Manille ne devienne la capitale des colonisateurs espagnols (1565-1898) puis américains (1898-1946). Tant s'en faut, lorsque Magellan débarque aux Philippines en 1521, il trouve des foyers de peuplement côtiers dont l'organisation sociale est édifiée sur un ancrage local très fort. La société dite du barangai repose alors sur les liens de parenté de communautés de trente à cent maisonnées. Or le terme de barangai est porteur d'un élément de mobilité puisqu'il désigne tout autant ces petits villages autonomes que le voilier hauturier dont se servaient les groupes pour leurs déplacements (Francia, 2010 : 32). À travers le double sens de barangai se révèlent certaines caractéristiques constitutives de l'archipel sur la longue durée : d'une part, une conception de la mer qui relie les communautés plus qu'elle ne les sépare, d'autre part, une tendance à des formes de gouvernement très fortement localisés 2 (Scott, 1994 : 5). La nature archipélagique du territoire philippin impose au sociolinguiste de penser non seulement le lien entre la langue et la société, mais aussi le rôle du milieu physique, sa signification particulière pour la configuration linguistique du pays au sens où l'archipel constitue « une figure géographique, comme on parle d'une figure de style » (Arrault, 2005 : 319). Avec 7 107 iles s'étirant du nord au sud sur environ 1 700 kilomètres, l'archipel philippin installe de prime abord le motif de la dispersion, et cela d'autant plus que c'est la 1 L'influence du chinois dans les langues philippines se retrouve notamment dans les termes de parenté (ate en tagalog vient de a-chi pour « soeur ainée », kuya vient de ko-a pour « frère ainé ») et le vocabulaire culinaire (biho, lumpia, pansit). Pour l'influence indienne, on trouve des emprunts au sanskrit dans les domaines religieux (le tagalog bathala vient du sanskrit bhattara qui signifie « dieu ») et politique. 2 Le barangay est toujours une unité administrative essentielle dans la sociabilité philippine. Il peut correspondre aussi bien à un village, un district ou un quartier à la tête duquel l'on trouve un chef (Kapitan).
URI: http://glottopol.univ-rouen.fr
http://hdl.handle.net/20.500.12458/263
ISSN: 1769-7425
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